Non, car c'était pour faire quelque chose de ma journée et pouvoir passer à l'antenne. Par contre au théâtre, j'avais le sentiment que mon univers était un handicap. Je me suis senti en décalage avec ce qui pouvait être proposé comme champ de liberté.
T'attendais-tu à susciter un tel engouement ?
Je ne pensais pas que ma manière d'être dans la vie passerait sur scène. J'avais peur de ne pas être apprécié quant à ma façon d'appréhender le jeu.
Le public et le jury t'attendaient sur chaque prime. Comment as tu géré la pression de ne pas les décevoir?
Par le travail. C'est lui qui m'a motivé et m'a permis d'avancer. Je me suis posé des tonnes de questions sur les arrangements, sur les textes que j'allais retoucher et sur la manière de les interpréter. Si cette pression là n'avait pas existé, j'aurais pris conscience que j'étais dans un jeu.
As -tu toujours besoin de mettre ton empreinte sur les titres que tu chantes ?
C'est la seule chose qui me donne de l'énergie et l'impression d'avoir travaillé.
Vas-tu renouer avec tes groupes Dig Up Elvis et le Jean d'Ormesson Disco Club ?
Évidemment. C'est nécessaire pour ma survie. Je leur dédie ma victoire.
D'où te viens ta passion pour Jean d'Ormesson ?
C'est une blague. On voulait un nom de groupe avec un « the» comme tous les groupes de rock à la mode sur Paris. On trouvait ça drôle, post-moderne et académique. On s'es dit Bingo, on s'est bengo, on s'est dit banco et on s'est dit vas-y !
Quelle sera la couleur de ton premier album ?
Une ambiance teintée d'acoustique et de folk mélangeant des textes , savamment assemblés. Je n'irai pas vers de la pop comme on l'attend.
Jouer du ukulélé, est-ce une manière d'entretenir ton côté atypique ?
C'est une manière d'écouter un type de son de cordes qui me touche et me porte. L'objet en tant que tel n'a rien à y voir.
Avec quel artiste aimerais-tu collaborer pour ton premier album ?
Elvis Presley, Coluche ou Jimmy Hendrix. Je veux bien aussi Jeff Buckley. Blague à part j'aimerais bien collaborer avec Herman Düne, Arno, Alain Bashung, Alizée, Nick Cave ou Adam Green.
Comment te définirais-tu ?
Je suis un garçon extrêmement câlin qui a besoin de beaucoup d'affection.
Doutes-tu ?
Je suis le mec qui se pose le plus de questions au monde. Même Julien Leppers est battu ! Je m'en pose plus qu'il ne peut le faire et sans laisser d'indices... Je me pose la question de la question de la question. C'est très difficile à vivre.
Que faut-il faire pour te séduire ?
Il faut avoir les yeux que j'ai envie de voir .
Quelles est la partie que tu préfère chez une femme ?
La bouche , j'ai une vraie passion pour les dents. Une bouche avec des dents qui ont une vraie identité me touche énormément.
Quel est l'un des défauts qui pourrait devenir une qualité ?
Ma circoncision. Quand j'étais gamin je doutais un peu mais j'ai vite compris que c'était une grande qualité.
Quel a été ta plus grande honte ?
En amour, mon premier rendez-vous est souvent catastrophique. Je suis minable. Toute cette assurance que j'avais pu souscrire disparaît pour faire place a de la maladresse.
Quel est ton dicton préféré ?
Comment sa va ? Comme un lundi !
Interview parue dans « Show-Biz » n°5 - Juillet/Août 2007
